Cosmétique équitable ou cosmétique locavore
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Cosmétique équitable ou cosmétique locavore

En cosmétique, les industriels sont en permanence à la recherche de nouveaux actifs. Prêts à sillonner le monde pour trouver des ingrédients végétaux rares, précieux, utilisés par les populations locales. Leurs propriétés en plus du charme exotique qu’ils dégagent font accroitre l’attrait que nous pouvons avoir pour eux.

Parallèlement, nous vivons dans une nouvelle société où la prise de conscience écologique est de plus en plus forte : nous cherchons à revenir aux sources, à limiter la pollution, et à consommer local. De plus en plus de formulations sont faites à partir de fruits et légumes de nos jardins.

Alors quelle est la meilleure solution ? Découvrir de nouveaux ingrédients riches en actifs précieux que nous ne pouvons trouver ici ou à l’inverse, faire des recherches sur les actifs présents dans notre flore locale  et afin de privilégier la production locale.

L’exotisme

D’abord une petite anecdote : d’ou naît mon intérêt pour la cosmétique à tel point d’en modifier ma vie professionnelle ? D’un cadeau : un soin complet, gommage + modelage, dans un institut. Je pouvais choisir le soin que je voulais : tous les titres des soins me faisaient rêver, j’ai eu beaucoup de difficulté à choisir : thé vert, litchi, ananas, pêche, vanille des iles, mûre, pomme granny, papaye, cacao,… tous les soins étaient à base d’ingrédients inédits pour moi et avec des senteurs à croquer. Et c’est donc suite à ce soin que l’idée d’ouvrir ma boutique de cosmétique a germé dans ma tête : faire rêver, apporter de la douceur ont été mes tout premiers moteurs.

On attend d’un soin qu’il soit efficace, bien sûr, mais ces ingrédients et ces senteurs exotiques sont aussi là pour nous amener loin de nos turpitudes quotidiennes, pour nous évader tout simplement.un modelage à l’huile de fleur de Tiaré nous transportera immédiatement sur une magnifique île entourée d’un beau lagon bleu transparent. Nous rêvons, nous voyageons le temps d’un soin. nous découvrons également de nouveaux rituels de beauté, des techniques ancestrales de régions du bout du monde et nous redécouvrons les trésors de notre Terre.

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Le commerce équitable

De nombreuses associations et ONG font la promotion du commerce équitable et développent leur propre charte : une juste rémunération est garantie aux producteurs, des entreprises de transformation s’engagent dans un partenariat avec ces producteurs sur une certaine quantité et une rémunération minimum, et mettent en place un projet sur plusieurs années pour un développement durable, afin de maintenir l’agriculture et un  certain niveau de vie.

De nombreux laboratoires de cosmétique bio, conscients du rôle qu’ils peuvent jouer et de l’intérêt que peut apporter de choisir des ingrédients issus du commerce équitable, mettent en place un partenariat fondé sur le dialogue, la transparence et le respect qui vise à améliorer les conditions de vie de petits producteurs en leur garantissant le respect de leurs droits et un revenu suffisant pour vivre.

Quelques exemples :

La marque HEVEA s’engage au Maroc auprès des producteurs d’huile de Rose de Damas Le laboratoire travaille au maintien des relations privilégiées avec la population locale dans le respect de la charte du commerce équitable. Le prix des roses est fixe, ce qui permet aux familles locales d’avoir un revenu supplémentaire, et de conserver une activité commerciale dans cette vallée retirée.

La marque Aïny travaille avec des groupes de producteurs et de cueilleurs en s’engageant notamment à acheter des plantes de qualité à un prix juste. Elle établit des partenariats avec les organisations autochtones et s’engage à reverser 4% de son chiffre d’affaires aux peuples du Pérou et d’Équateur comme droit d’utilisation de leurs savoirs traditionnels et à ne déposer aucun brevet lié aux plantes. Aïny les accompagne aussi dans la défense de leurs droits.

Les Laboratoires E.V. ROIG, pour les marques Centella et Hydraflore, favorise un approvisionnement auprès de sources qui valorisent les droits fondamentaux de la personne dans le respect de l’Environnement. Ainsi, toute forme d’exploitation est rejetée. La discrimination, le travail forcé ou le travail des enfants sont exclus. La protection de la femme et des enfants figure parmi les valeurs défendues par les producteurs partenaires de la marque. Ils privilégient la préservation des écosystèmes dans le respect des droits humains.

La biodiversité

L’exploitation de ressources naturelles fait peser une menace supplémentaire sur la biodiversité. Une forte demande sur un ingrédient issu du monde végétal a des conséquences sur l’agriculture locale. les producteurs peuvent être tentés de cultiver certaines plantations rentables au détriment de cultures qui leur rapportent peu. L’écosystème en est donc perturbé.

Le pillage des ressources naturelles

Au delà de modifier l’écosystème, l’ajout d’ingrédients exotiques dans les formulations cosmétiques demande d’effecteur des recherches  afin de dénicher des molécules miracles auprès de population autochtones dans des contrées où l’impact de l’industrialisation n’est pas encore présent. malheureusement, certains peu honnêtes s’approprient une plante ou une connaissance sans demander l’avis, sans informer, sans prévoir une contrepartie pour les populations concernées.

L’empreinte écologique

L’autre conséquence de cette recherche d’exotisme dans les cosmétiques est un lourd poids sur l’empreinte écologique liée au transport des ingrédients. Toute activité et plus particulièrement le transport génère des gaz à effet de serre. La solution, non pas pour réduire mais pour réaliser une opération neutre quand on va chercher des ingrédients à l’autre bout du monde, est de pratiquer la compensation carbone.
En quoi ça consiste ? On détermine la quantité de gaz à effet de serre émise par son activité et on investit une somme équivalente  dans des programmes de réduction des émissions de gaz à effet de serre ou de séquestration du carbone. Mais attention, il ne s’agit pas de s’acheter une bonne conscience ! L’objectif est de mettre en place des procédures pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et non juste équilibrer.

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La tendance locavore

Qu’est ce que le locavore ?

A l’origine, être locavore signifie consommer des produits dont l’origine géographique se situe à une périphérie de 160 km. Manger local et de saison sont les principes fondamentaux de ce mouvement. Le repli sur soi, le retour aux sources, la peur grandissante de tous les ingrédients nocifs cachés dont on entend régulièrement parler dans les médias, amènent à repenser notre façon de consommer. La notion de proximité nous permet de mieux appréhender comment est conçu un produit. On peut aller à la source, rencontrer les personnes qui ont fabriqué, conçu, semé. On privilégie ce qui est proche de soi, cela nous donne la sensation de mieux connaître, d’être acteur de notre proche environnement.  Pour aller plus loin, ce mouvement permet aussi d’avoir un rôle sociétal : cela crée des emplois et met en valeur le savoir faire local et français.

En cosmétique, il s’agit d’utiliser des matières premières issues de nos régions françaises. Fleurs des champs ou de montagne, fruits du verger, légumes du potager possèdent de nombreux actifs efficaces pour votre peau. L’intérêt se trouve également dans la traçabilité des ingrédients utilisés : eau de clémentine corse, eau de rose de Grasse, huile de prune de Gascogne,

Et bien sûr, il y a le lien à l’écologie: actifs régionaux, unités de production et réseaux de distribution locaux font de nos soins cosmétiques des produits à faible empreinte écologique. Consommer local permet de diminuer l’impact carbone, les gaz à effet de serre.

Quelques marques locavore : 

Nominoe : la gamme de soins Nominoe a été crée à partir d’ingrédients issus de la Bretagne. Artichaut, blé noir, genêt, chardon bleu des dunes, criste marine, ajonc, tous sont issus de fermes bretonnes.

Douces Angevines possède un jardin où poussent de nombreuses plantes utilisées ensuite pour la création des soins. 40 % des plantes et fleurs utilisées la fabrication de leurs soins viennent de ce jardin : violette, échinacée, verveine odorante, camomille. Le jardin beauté et l’atelier-laboratoire sont installés au bord du Loir.

Belesa : extrait de châtaigne, jus de pomme, miel, extrait de Bleuet, huile de Chanvre, huile d’Olive, extrait de Souci, huile d’Amande douce, made in Cévennes

Alors ça Pousse : fabriqués dans le Jura. La qualité des cosmétiques est assurée grâce à une production à la ferme, de la culture des fleurs jusqu’à l’emballage des pots. Huile de Tournesol, huile de Chanvre, miel, fleurs, plantes, extraits végétaux cueillis dans les mont jurassiens.

Fées en Provence travaille directement avec les producteurs  locaux : miel des calanques de Marseille, cassis et mélisse de la Drôme provençale, clémentine et orange douce de Corse, rose de Grasse, huile de prune du Sud Ouest et notre belle lavande de Provence.

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Le jardin de Douces Angevines

Mes cosmétiques :

J’utilise l’huile pour le corps Lumière d’Or de Fées en Provence, le baume mains et pieds d’Alors ça pousse, Fantômette, l’huile démaquillante de Douces Angevines, et l’exfoliant pour le corps de Nominoe. Belesa est une toute nouvelle marque que je n’ai pas encore eu l’occasion de tester mais ce sera pour très bientôt. alors oui, je privilégie des marques qui privilégient les savoir-faire locaux et les richesses de la nature alentour.

Mais j’utilise aussi du beurre de Karité et de l’huile d’Argan, qui sont deux incontournables de ma salle de bain. Mais je les ai choisi avec grand soin : le beurre de Karité d’Oka Cosmetics est 100 % bio, non blanchi, non désodorisé, de très haute qualité. L’huile d’Argan Melchior et Balthazar est pure, les amandons sont rigoureusement sélectionnés, le savoir faire ancestral marocain est préservé.

Il peut s’avérer difficile de n’utiliser que des cosmétiques locaux. Le minimum que nous devons faire est d’être attentif à la provenance des actifs végétaux, à la façon dont ils sont extraits mais aussi à leur conditionnement et leur transport.

Et vous, plutôt cosmétique exotique ou cosmétique locavore ?
Partagez vos idées en laissant un commentaire. 

Suivre Nathalie:

Curieuse et active, Nathalie partage avec vous, dans le blog Green Curiosity, sa passion pour la cosmétique bio et son engagement pour une vie plus saine autant pour soi que pour notre belle planète, sans pour autant renoncer au plaisir et à la simplicité. Elle vous accompagne pour découvrir cet univers si riche et si essentiel aujourd'hui.

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